Artem Zaitsev
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Le piège de la vitesse de développement : comment les cycles rapides peuvent nuire à l'excellence technique

Publié February 9, 20268 min min read
Équipe d'ingénieurs qui bosse sur des pratiques de développement durable avec des mesures de vitesse équilibrées.

Introduction

Le secteur du développement logiciel est devenu obsédé par une seule idée : aller plus vite. Les équipes d'ingénieurs sont constamment sous pression pour créer plus de fonctionnalités, sortir des versions plus vite et maintenir un rythme de développement toujours plus rapide. Cette obsession de la vitesse est tellement ancrée dans notre culture qu'on la voit rarement comme un problème. Mais qu'est-ce qui est le contraire de cette obsession pour la vitesse ? Que se passe-t-il quand cette envie de créer et de sortir des produits plus vite compromet en fait la productivité qu'elle est censée améliorer ? La réalité est moins manichéenne que ne le laisse entendre l'argument « plus rapide, plus performant ». Si un développement rapide peut donner des résultats rapides, il peut aussi masquer des problèmes plus importants qui s'accumuleront plus tard. On se retrouve alors dans une situation qu'on pourrait appeler le piège de la vitesse de développement, où la recherche de la rapidité est contre-productive et entraîne une dette technique, des problèmes de qualité et, à terme, un ralentissement des progrès.

Le piège de la vitesse de développement, c'est quand on se concentre trop sur la vitesse et que ça finit par être contre-productif, ce qui entraîne une dette technique et un ralentissement des progrès à long terme.

L'attrait séduisant de la vitesse

Les cycles de développement rapides ont des avantages indéniables à court terme. La capacité à répondre rapidement aux besoins du marché et aux commentaires des clients donne un sentiment de fluidité et de développement. Les parties prenantes voient les versions régulières comme des signes d'une organisation technique efficace, et les développeurs ont l'impression d'avoir accompli quelque chose quand ils arrivent à livrer des fonctionnalités en peu de temps. C'est une stratégie axée sur la rapidité qui peut offrir des avantages concurrentiels valables. Les organisations qui se répètent facilement ont tendance à devancer celles qui sont coincées dans un long processus de développement. Leur capacité à tester rapidement des concepts, à obtenir les commentaires des utilisateurs et à changer de cap quand c'est nécessaire est inestimable dans le marché mondial dynamique actuel. Mais les mesures utilisées pour évaluer ce succès ne sont pas fiables. Aller vite ne veut pas forcément dire être productif ou réussir à long terme. En fait, quand la vitesse est la priorité, les compromis que l'équipe fait sont souvent mineurs, mais peuvent devenir de gros problèmes sur le long terme.

Une équipe qui bosse vite ne veut pas forcément dire qu'elle crée un logiciel durable et de bonne qualité.

Les coûts cachés du développement rapide

Quand les équipes de développement bossent sous la pression du temps, des problèmes apparaissent, qui ne sont pas visibles au premier coup d'œil, mais qui ont des effets à long terme.

Champ d'action restreint et angles morts systémiques

Les développeurs pressés par le temps sont souvent pris dans un tunnel, c'est-à-dire qu'ils se concentrent trop sur leur boulot du moment sans voir le gros tableau du système. Ce n'est pas un manque de compétences techniques, mais plutôt une réaction normale à des délais pas réalistes. Le manque de temps pour réfléchir à la manière dont leur code s'intégrerait dans les systèmes fait qu'ils finissent par passer à côté d'interdépendances essentielles. Ce qui fonctionne très bien en soi peut avoir des interactions imprévues avec d'autres parties et provoquer des bugs qui ne peuvent être découverts que des semaines ou des mois plus tard. Ces négligences contribuent au phénomène connu par les théoriciens des systèmes sous le nom d'entropie technique, c'est-à-dire une lente perte de cohérence du système qui rend son développement plus difficile et plus sujet aux erreurs.

Problèmes liés à la baisse de qualité et à l'expérience utilisateur

Le manque de tests et d'assurance qualité est souvent dû à la nécessité de commercialiser les produits le plus rapidement possible. Les fonctionnalités sont mises à la disposition des utilisateurs avant d'être prêtes, ce qui entraîne des expériences frustrantes qui nuisent à la réputation et à la confiance envers la marque. Contrairement aux problèmes techniques internes à une entreprise, les problèmes commerciaux visibles par l'utilisateur peuvent avoir un impact direct sur l'activité. Lorsque les clients rencontrent des fonctionnalités boguées ou incomplètes, ils deviennent réticents à adopter les changements ultérieurs. Les équipes d'ingénieurs devront passer en mode « lutte contre l'incendie » (débogage, correctifs et réparations d'urgence) quand des problèmes de qualité apparaissent après la mise en place. Ce genre de réaction prend des ressources qui pourraient être utilisées pour le développement stratégique et met encore plus de pression sur des équipes déjà débordées.

Les intérêts composés de la dette technique

Chaque raccourci fait pour aller plus vite ajoute à la dette technique du code. Comme pour la dette financière, la dette technique s'accumule : plus un projet en a, plus il sera cher et difficile à développer à l'avenir. Au début, les solutions rapides et les solutions de contournement peuvent sembler innocentes, comme juste une solution à court terme pour respecter une échéance qui approche. Mais chaque compromis ajoute de la complexité au système, ce qui rend plus difficile de le comprendre, de le modifier et de le maintenir. La dette accumulée peut finir par devenir tellement lourde qu'il faut refondre des parties importantes, voire tout réécrire. Le truc le plus embêtant avec la dette technique, c'est son effet dans le temps. Les équipes peuvent bosser à fond pendant des mois et accumuler discrètement une dette qui finira par les ralentir à fond.

Perdre la confiance des utilisateurs peut coûter beaucoup plus cher que de sortir des versions à la va-vite. Ça oblige les équipes d'ingénieurs à passer en mode urgence.

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Plans pour une vitesse durable

La solution, c'est pas d'y aller doucement, mais de viser une vitesse durable, c'est-à-dire la vitesse à laquelle les équipes peuvent bosser sans que ça nuise à la qualité ou qu'elles s'épuisent.

Trouve le bon équilibre entre rythme rapide et moments calmes

Les équipes efficaces savent quand accélérer et quand ralentir. Elles prévoient du temps dans leur planning pour la refonte, les tests et l'amélioration de l'architecture. Ça peut sembler ralentir les progrès à court terme, mais ça aide à éviter l'accumulation de dette technique, qui finit par causer des ralentissements bien plus graves.

Utilise l'automatisation pour améliorer ton efficacité cognitive

Le gain de temps n'est pas le principal avantage de l'automatisation, c'est plutôt le déchargement cognitif. En automatisant les tâches répétitives au sein des équipes, comme les tests, le déploiement et la surveillance, les équipes ont plus de temps pour résoudre leurs problèmes et bosser sur des trucs plus créatifs. Cette acuité mentale permet à une équipe de bosser rapidement sur des tâches importantes tout en s'assurant que les contrôles qualité sont effectués de manière régulière et cohérente.

Gestion proactive de la dette technique

Les équipes qui réussissent ne voient pas la dette technique comme une crise à régler quand ça devient critique, mais plutôt comme une partie de leur boulot de tous les jours. Elles mettent de côté un pourcentage à chaque cycle de développement pour réduire la dette, et ça, c'est vu comme une maintenance nécessaire, pas comme un boulot en option.

Cultiver la durabilité de l'équipe

La vitesse durable a besoin d'équipes durables. Ça veut dire qu'il faut veiller au bien-être des développeurs, leur laisser du temps pour apprendre et se développer, et adopter un rythme qui ne les épuise pas. Les équipes qui préfèrent être durables ne se contentent pas de maintenir leur rythme plus longtemps, elles sont généralement plus performantes car elles travaillent dans un état de stabilité plutôt que dans un état de stress.

Utilisez des indicateurs de réussite globaux

Pour avoir une vision plus complète de la santé de l'équipe et de sa productivité à long terme, c'est mieux de ne pas se limiter aux mesures de vitesse, mais aussi de mesurer la qualité, la maintenabilité et la satisfaction des fournisseurs. Parmi les indicateurs clés, on peut noter :

  • Taux de défauts et taux de gravité
  • Temps passé sur la maintenance par rapport aux nouvelles fonctionnalités
  • Satisfaction et fidélisation en matière de développement
  • Performances et fiabilité du système
  • Satisfaction des clients sur les fonctions publiées

Concentrez-vous sur la qualité, la durabilité et la création de valeur plutôt que sur la rapidité de livraison.

Consacre 10 à 20 % de chaque cycle de développement à la réduction de la dette technique et à la refonte, comme travaux de maintenance nécessaires.

Former des marathoniens, pas des sprinteurs

Les organisations qui réussissent dans le domaine des logiciels pensent plus comme des marathoniens que comme des sprinteurs. Elles savent qu'il vaut mieux s'améliorer petit à petit sur le long terme plutôt que de foncer à fond sur le court terme. Ça veut pas dire qu'il faut être lent ou qu'on peut laisser tomber l'urgence quand c'est vraiment nécessaire. C'est plutôt une question de stratégie pour savoir quand bosser dur et quand investir dans des capacités à long terme. La vraie productivité en ingénierie, c'est de créer des systèmes et des pratiques qui aident les équipes à rester performantes sur le long terme. Pour ça, il faut trouver un équilibre entre les exigences de livraison à court terme et les investissements dans la qualité du code, la santé de l'équipe et l'architecture du système. Les entreprises qui survivent à long terme sont celles qui n'ont pas cédé à la tentation de compromettre leur capacité future au profit des échéances actuelles. Elles savent que c'est la vitesse durable, et non la vitesse maximale, qui détermine un avantage concurrentiel durable. Au final, le piège de la vitesse de développement est un truc qu'on peut éviter. En connaissant le coût d'une vitesse non durable et en adoptant des pratiques qui favorisent la productivité à long terme, les équipes d'ingénieurs peuvent non seulement être rapides, mais aussi durables, en apportant de la valeur dès maintenant et en posant les bases d'un succès encore plus grand à l'avenir.

L'important, c'est pas forcément d'aller vite, mais d'avancer bien sur le long terme. Parfois, ça veut dire ralentir aujourd'hui pour aller plus vite demain.

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Questions fréquentes

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