Artem Zaitsev
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Les cultures d'ingénierie qui créent quotidiennement une dette technique

Publié February 16, 20268 min min read
Une équipe d'ingénieurs qui bosse ensemble pour relever les défis liés à la dette technique dans un environnement de développement moderne.

Introduction

Toutes les équipes d'ingénieurs avec lesquelles j'ai bossé sont confrontées à la dette technique. Même si les causes ou les facteurs qui mènent à son accumulation varient, certaines cultures d'entreprise génèrent de la dette technique à un rythme qui n'est pas viable. Ces schémas toxiques sont essentiels pour comprendre comment tout leader technologique qui veut créer des systèmes durables peut les saisir pleinement. Tout effort de réduction finirait par être inutile s'il n'était pas accompagné d'un changement de la culture sous-jacente qui cause la dette technique. La dette continuera d'augmenter à un rythme plus rapide que celui auquel vous pourrez la rembourser.

La dette technique continuera à s'accumuler plus vite que vous ne pouvez la résorber, à moins que vous ne régliez d'abord les problèmes culturels sous-jacents.

Modèles culturels typiques qui créent des dettes techniques

La dette technique n'apparaît pas toute seule. Certaines tendances et habitudes culturelles dans les organisations d'ingénierie créent des conditions où la mauvaise qualité du code, les raccourcis et la complexité accumulée sont la règle, pas l'exception.

La culture du laisser-aller

Les équipes qui ne font pas gaffe aux normes de qualité produiront toujours du code de mauvaise qualité. Les ingénieurs n'écrivent pas de tests, négligent les cas limites et ne testent pas la compatibilité entre les navigateurs. Cette pratique génère du code redondant et une base structurelle de qualité médiocre. La solution : inculquer un sens de l'artisanat à l'équipe. Aider les ingénieurs à s'engager fièrement dans leur travail et définir des normes de qualité appropriées auxquelles tout le monde adhère.

Attitude non professionnelle

Tous les ingénieurs ne se considèrent pas comme des pros au même titre que les avocats ou les comptables. Ils n'ont pas cette motivation interne pour bien faire les choses parce que c'est la norme en tant que pro. La solution : Construis une image professionnelle auprès des membres de l'équipe. Pour avoir le titre d'ingénieur, ils doivent accepter les responsabilités et les exigences qui vont avec.

Tolérance envers les compétences limitées

C'est une chose d'être inexpérimenté, mais c'en est une autre de le rester et d'être content de l'être. Quand on ne met pas l'accent sur la croissance et l'apprentissage, les équipes finissent par accumuler une dette technique à cause de mauvaises décisions et d'une mauvaise mise en œuvre. La solution : encourage une culture d'apprentissage et d'acquisition de compétences en continu. Propose des perspectives d'évolution et fixe des attentes claires en matière de développement professionnel.

Pression externe

Les responsables techniques et les développeurs savent ce qui est correct et réalisable dans les délais impartis, mais ils craquent sous la pression. Ils transmettent leur stress à leurs équipes au lieu de dire non quand il le faut. La solution : les chefs de train devraient être formés pour savoir quand faire pression et quand résister aux demandes pas réalistes.

Organisations de modèles

Souvent, quand un projet est abandonné, les organisations lancent plein de projets, pour avoir l'air actives, puis les laissent tomber pour se concentrer sur des projets qui semblent plus importants. Ça donne :

  • Fonctionnalités à moitié finies
  • Migrations de bases de données à moitié terminées
  • Mise à niveau partielle du framework
  • Demi-radiations

La solution : Crée une culture de l'intégrité. Réfléchis bien avant de te lancer dans de nouvelles aventures et, une fois que tu t'es lancé, persévère jusqu'au bout, même si ça ne te passionne plus.

Suivre les tendances technologiques

Les équipes trouvent super facile de se lancer dans une nouvelle tendance technologique et de laisser derrière elles les résultats de ces changements. Les applications utilisent naturellement différentes technologies pour différents composants et ont plus de frameworks que de développeurs. La solution : aimez les nouvelles technologies sophistiquées, mais ne vous laissez pas aveugler par elles. N'introduisez de nouveaux outils que lorsqu'il existe une différence manifeste et substantielle entre ceux-ci et les solutions actuelles.

Absence de propriété

Les ingénieurs ne sont pas responsables des conséquences à long terme de leur code. Quand on parle de dette technique, la réponse est souvent « C'est pas moi qui ai fait ça ! ». La solution : définissez les responsabilités et les attributions. Donnez aux membres de l'équipe les moyens de prendre des décisions et posez-leur des questions telles que « Que feriez-vous ? » plutôt que de leur dire quoi faire. Cultivez le sens des responsabilités et le professionnalisme dans le cadre de votre culture d'entreprise afin de garantir une supériorité technique à long terme.

Le culte de la culture des héros

Les organisations qui comptent sur des héros et les admirent créent une crise continue où on cherche toujours des actions héroïques. Cette culture laisse plein de dettes techniques derrière elle ; ces sauvetages spectaculaires sont adorés par la direction. La réponse : misez sur l'équipe et les résultats à long terme. Même s'il est important de reconnaître les contributions individuelles, il faut souligner que le développement logiciel est un succès grâce au travail d'équipe.

Manque de vision technique

Le manque de vision ou de stratégie technique fait que les équipes tournent en rond, faisant de leur mieux mais contribuant sans le vouloir à la dette technique en prenant des décisions et des approches architecturales qui se contredisent. La solution : Formule et partage une vision et une stratégie techniques bien pensées. Montre l'exemple en montrant comment atteindre l'excellence en ingénierie.

Arrête le cycle de la dette technique

Changez votre culture d'ingénierie avant qu'il ne soit trop tard. Commencez dès aujourd'hui par l'engagement de la direction.

Commencer

Développer une culture de gestion automatique

Le but final, c'est de mettre en place ce que j'appelle la gestion automatique, un endroit où les ingénieurs peuvent toujours prendre les bonnes décisions sans avoir besoin d'une supervision étroite ou de directives détaillées. Il est conseillé d'éliminer les éléments culturels à l'origine de la dette technique avant de se lancer dans des efforts très coûteux pour la réduire. Sinon, vous devrez mener un combat difficile contre des problèmes systémiques.

Le changement culturel doit être renforcé avec le temps. Il faut établir des lignes directrices professionnelles claires, responsabiliser les gens, favoriser l'apprentissage continu et créer des systèmes qui valorisent le travail bien fait plutôt que les solutions rapides.

La voie à suivre

Réduire la dette technique, c'est pas juste un truc technique, c'est surtout une question de leadership et de culture. En repérant et en réglant ces mauvaises habitudes dans ton organisation, tu mets en place les bases pour des pratiques d'ingénierie durables. Il est important de garder à l'esprit que le changement culturel est un processus long et laborieux. Commencez par identifier les schémas présents dans votre organisation, puis abordez stratégiquement tous les problèmes en les transformant en atouts qui peuvent contribuer à atteindre l'excellence technique à long terme. Investir dans la transformation culturelle, ça ne va pas seulement te rapporter en termes de réduction de la dette technique. Tu vas créer :

  • Des équipes plus solides
  • Produits de qualité supérieure
  • Des pratiques d'ingénierie qui s'adaptent à la croissance de ton organisation

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Questions fréquentes

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